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Edito FNTR : La route du Paradis

Edito FNTR : La route du Paradis

Edito FNTR du 16/01/19

La presse s’est fait l’écho d’un record absurde détenu par une route de Bourgogne. Oui, les routes battent aussi des records. Il s’agit de la départementale 974 et plus exactement le tronçon entre Dijon et Beaune. Soit 36 kilomètres. Le record est que sur cette portion, il n’y a pas moins de 42 panneaux de vitesse différents. Les « experts » -qui n’ont manifestement que ça à faire dans la vie- ont calculé que cela obligeait les automobilistes à changer de vitesse au moins tous les 857 mètres (c’est précis, hein ?).  Entre la traversée des agglomérations à 50 km/h, et des passages à 70, 80 et 90km/h, les usagers de la route sont, semble-t-il, perdus. Au point que le journal qui relate cette nouvelle primordiale nous explique que les conducteurs se calent sur la vitesse de 70km/h. Sans relever qu’en agglomération, ils sont alors en infraction. Les automobilistes se plaignent de se faire « pousser » par les camions (tiens il y avait longtemps…). Griotte sur le gâteau, ceux qui empruntent cette route depuis des années font état d’un allongement du temps de trajet de 20 minutes à 45 minutes. Bref, c’est manifestement l’enfer.

Pour ceux qui connaissent cette route, la vérité est que le plus déroutant (au sens littéral) ce ne sont pas les panneaux de limitation de vitesse mais... les panneaux indicateurs. En partant de Dijon, l’attention est irrésistiblement attirée par l’indication des directions de Marsannay la Côte, Gevrey Chambertin, Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges, Aloxe-Corton ! Pour les amateurs de vins de Bourgogne, ce n’est pas 45 minutes de trajet que cela prend… mais beaucoup beaucoup plus, vu qu’on a envie de s’arrêter tout le temps… Donc si pour certains c’est la route de l’enfer, pour d’autres, c’est la route du Paradis. Tout est une question de point de vue. L’esprit français est ronchon. Or pour le coup (à boire), il faut voir le verre (de vin) à moitié plein et non à moitié vide.

Nb : les connaisseurs auront remarqué qu’a été omis de l’énumération le Clos de Vougeot. Il faut quitter la route 974 et découvrir -si possible au coucher du soleil- ce magnifique endroit où les pêchers entourent délicatement les vignes.  Si vous avez la chance un jour d’assister à un dîner ou mieux un « chapitre » des Chevaliers du Tastevin, vous vivrez alors une expérience magique hors de l’espace et du temps. L’ouverture des portes du Paradis en somme.

PS : La loi nous oblige à rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. (Bizarre d’ailleurs que ça s’appelle la loi « Hé ! Vin ! ».)

Florence Berthelot