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Edito FNTR : la machine à taxer

Le 13/02/2017

EDITO DE LA FNTR DU 13/02/2017

Edito FNTR : la machine à taxer

En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées. Notamment en matière fiscale où manifestement notre inventivité est sans limite. Dans une campagne électorale où l’on parle moins des salariés détachés que des salariés attachés, a surgi la proposition de taxer les robots.

Le fondement de cette idée géniale est que si les robots remplacent les gens, il faut taxer les machines. L’histoire ne dit pas si, à partir de là, on ne taxera plus les gens. On peut redouter que non. Bonne ou pas, la proposition a de quoi faire parler d’elle. Elle mériterait d’être précisée. Car même si l’intelligence artificielle progresse à pas de géant, les robots ne paieront rien du tout, ce seront les entreprises qui auront à le faire. C’est aussi un raisonnement à courte vue. L’expérience démontre que plus on robotise et plus on crée des emplois. De nouveaux emplois pour lesquels on doit former les personnes, et qui s’avèreront probablement plus intéressants et moins pénibles. Ne préfèrerait-on pas laisser les robots faire tout ce qui est dangereux, fatigant, ou sans valeur ajoutée ? Il semble qu’il faille revenir aux standardistes, aux travailleurs à la chaine, et aux petits boulots de service. Dans le transport, on imagine que lorsqu’on aura généralisé les véhicules autonomes, ils seront taxés. En fait, ils le sont déjà de toutes parts, mais cela, personne ne l’évoque. Voudrait-on revenir à la charrette à bras, aux carrioles, au pousse-pousse ? Selon le Larousse, un robot est un « appareil automatique capable de manipuler des objets ou d'exécuter des opérations selon un programme fixe, modifiable ou adaptable ».

Nous sommes entourés de robots, et depuis des décennies. Regardons avec commisération nos machines à café, nos lave-vaisselles et nos ordinateurs. En les utilisant, sommes-nous conscients que nous avons supprimé des emplois. Ou avons-nous le sentiment que nous en avons créés ? Bientôt ces machines seront vraiment comme nous : de vrais contribuables. Vous avez dit progrès ?