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Edito FNTR : Jour(s) de neige

Edito FNTR du 07/02/2018

Les étrangers qui regardent la France doivent vraiment se demander si nous sommes des gens tout à fait normaux. Il suffit d’observer la panique générée par un épisode neigeux en région parisienne. Automobilistes bloqués dans leur voiture, transports publics à l’arrêt ou ralenti. Les chaines d’information continue se régalent. Ceux qui prétendent que la meilleure mobilité c’est moins de mobilité devraient réfléchir à ce qui se passe. Économie en stase, problèmes d’approvisionnement, salariés en rade.

Ce n’est pas joli joli. On peut polémiquer des heures sur le fait que l’arrêté d’interdiction des poids lourds n’a été publié qu’une heure avant son entrée en vigueur effective. Ou qu’on n’ait pas salé à temps. Ou qu’on n’ait pas d’équipements de déneigement en nombre suffisant. On sera solidaire avec les automobilistes. Mais on pense aussi à ces milliers de conducteurs routiers dans les camions stockés sur les aires de service, voire sur une voie de route et qui ne vont pas pouvoir circuler durant longtemps. Nombreux sont ceux qui ne font que du transport en zone courte et qui sont partis le matin sans équipement de survie ! Pas de quoi boire et manger. Et rien pour le reste... Ceux qui font de la zone longue ou de l’international sont peut-être mieux pourvus, mais savent que les plans de transport ne leur permettront pas de rentrer chez eux, en raison des interdictions de circuler du week-end. A tous, le temps leur parait long dans des conditions difficiles.

Ce qui est malheureux, c’est que c’est à chaque fois la même chose. Et à chaque fois, on dit que ce sera mieux géré la prochaine fois. A tout le moins, que les autorités ne les oublient pas et ne laissent pas à leur sort. Que nourritures et boissons soient distribuées, et qu’on organise leur hébergement le temps de pouvoir repartir. C’est vraiment la moindre des choses. Les entreprises feront le nécessaire, mais ce doit être une préoccupation collective. Et ne pas attendre que les rayons soient vides pour enfin y penser. Comme l’a si bien dit un responsable régional il y a quelques années « le plan neige et verglas doit être traité à froid ». Ben oui. Sauf qu’à chaque fois, on le traite à chaud. Sans efficacité.

Florence Berthelot