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Edito FNTR : Inaccessibles

Edito FNTR du 29/11/2017

La journée internationale des Assises de la Mobilité fut l’occasion d’échanger avec de nombreux intervenants d’autres pays sur les bonnes pratiques et de comparer les initiatives privées et publiques en matière de transports. Ce genre d’exercice est toujours intéressant. Notamment quand on considère les approches pragmatiques venant des pays du Nord et d’Afrique.

Plus pragmatiques notamment au regard de certaines initiatives françaises. Manifestement en France, il faut être en très bonne santé, savoir se servir d’un smartphone, ne pas être une personne âgée et habiter en ville pour bénéficier des innovations de notre époque. En tant que citoyen, ce qui saute aux yeux, c’est que les applis qui vous permettent de bénéficier de l’intermodalité train-vélo, ou l’incantation autour des modes dits doux (y aurait-il des modes durs ou violents ?) et notamment la marche, sont fort sympathiques mais laissent sur le bord de la route des millions de personnes.

Un intervenant qui, semble-t-il, était médecin a même stigmatisé ceux qui évitaient la marche, parce que c’est bon pour la santé ! Qui a des parents du quatrième âge, des personnes en situation de handicap et/ou qui habitent loin de zones urbaines ne peut que se dire que, pour eux, ces solutions sont inaccessibles. Et même en zone urbaine : il suffit de prendre une seule fois le métro parisien, ses portillons et ses escaliers pour comprendre qu’il en est, de fait, interdit à une grande partie de la population. Ces personnes, parents, enfants, amis et proches demeureront encore longtemps les assis de l’immobilité. Et nous aussi, aujourd’hui valides et bien portants, un jour (qu’on le veuille ou non), nous serons âgés et confrontés à cette problématique.

Pourtant notre époque fourmille d’innovations en matière de robotique et de véhicules automatisés qui devraient être d’abord dédiées à ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Pour les autres, les athlètes urbains connectés, il y a tout ce qu’il faut. Il serait dommage qu’on sorte d’un marathon de trois mois en s’apercevant qu’on s’est oublié nous-mêmes, et que les Assises de la Mobilité soient restées sur ce sujet dans... l’immobilisme.

Florence Berthelot