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Edito FNTR : halte aux cadences infernales ?

Un peu de souplesse ne ferait de mal à personne. Et un peu plus de clarté aussi.

EDITO DE LA FNTR DU 05/10/2016


On se plaint toujours qu’on ne parle pas du transport routier. Le rêve est de passer au Journal télévisé de 20 heures. Et bien ce fut le cas la semaine dernière... Pour parler d’écotaxe, de fiscalité, de compétitivité ? Que nenni ! Dans un reportage, on apprend que des salariés d’une entreprise de transport se sont mis en grève. Allons bon... s’agit-il de revendications salariales, de conditions de travail ? L’automne est là et son cocktail habituel de revendications. Rien de tout ça.

L’histoire est la suivante : à la suite d’un contrôle de l’Inspection du Travail, une entreprise de transport reçoit un avertissement car les durées de travail ont été largement dépassées. L’entreprise se met en règle et exige de ses conducteurs de respecter les durées légales et réglementaires soit pas plus de 52 heures sur une semaine isolée. Or, les conducteurs veulent travailler plus et... se mettent en grève. Les conducteurs interviewés revendiquent avec véhémence une garantie de 50h de travail par semaine. Le pompon étant de voir le représentant de la CGT exiger de travailler au moins 60h sur la même période ! Devant sa télé, on en tombe raide.  Evidemment, l’entreprise ne donnera pas suite, « la situation du transport de fret étant incertaine » selon le journaliste.

On ne manque pas de s’interroger. Il est loin le temps où on entendait « halte aux cadences infernales » ! Qu’aurait-on dit si cela avait été un chef d’entreprise -ou une Fédération- qui avait osé formuler de telles demandes ? Force est de constater que si les entrepreneurs du transport se plaignent des contraintes sociales, les conducteurs, sur le terrain, ne sont pas en reste. Evidemment, il faut des règles concernant la durée du travail, la durée de conduite, le repos minimal. Mais un peu de souplesse ne ferait de mal à personne. Et un peu plus de clarté aussi. Quand on pense que les pouvoirs publics n’ont jamais pris position sur la durée du travail de nuit, laissant la jurisprudence rendre des décisions a posteriori. Qu’aborder la question des temps de disponibilité ou de la transposition de la Directive européenne sur le temps de travail des conducteurs est un vrai tabou. Sur ces derniers sujets, on nous renvoie au dialogue social et à l’accord des syndicats de salariés. Mais il n’est pas certain qu’au niveau national, les syndicats aient la même approche que celle de leurs représentants en entreprise... au moins de ceux qui passent au 20 heures.