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Edito FNTR : Grondements

Le 31/10/2018

Edito FNTR : Grondements

Edito FNTR du 31/10/18

Tout le monde confond tout. Partant du mécontentement (prévisible) des automobilistes sur la hausse du prix du carburant, les journalistes mêlent allègrement la fin des exonérations sur le Gazole non routier, une possible fiscalité sur les entreprises de transport, les taxes en général et l’augmentation du pétrole.

La question qui revient sans arrêt est « Est-ce que vous allez bloquer les routes ? ». Ben tiens ! On la connait la chanson : « les transporteurs avec nous ! ». Et si possible devant sur le champ de mines. En revanche, si on devait être amenés à subir une fiscalité supplémentaire, on pourra se retourner et constater qu’il n’y a personne pour nous soutenir. Les décisions fédérales se prendront mais pour de bonnes raisons, c’est-à-dire celles qui nous concernent et pas pour ajouter de l’agitation à l’agitation. Oui, les entreprises de transport ont du mal à répercuter le prix du carburant sur les chargeurs, mais le mécanisme existe. Oui, elles font l’avance de trésorerie avant d’obtenir le remboursement partiel de TICPE auquel elles ont droit. Et oui, l’activité ralentit.

Mais le vrai déclencheur sera la décision gouvernementale de nous imposer une vignette, ou un rabot de la ristourne ou les deux. On s’y oppose, on combat, on refuse toute concertation en ce sens. Mais à un moment, le Gouvernement devra prendre ses responsabilités. Nous prendrons alors les nôtres. Sans doute, affichera-t-il -comme l’a fait notre Ministre de l’Action et des Comptes publics- une bravitude (pour ne pas dire une bravachitude) en disant « nous assumons la hausse de la fiscalité » en oubliant l’effondrement de la compétitivité du transport français, la concurrence européenne parfaitement inégale, les efforts faits pour la transition énergétique et écologique, les recrutements en masse que nous sommes prêts à faire, les redressements fiscaux et sociaux que subissent les entreprises. On dit qu’une porte doit être ouverte ou fermée. Mais quand c’est une porte battante, on a vite fait de la prendre dans la figure.

Florence Berthelot