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Edito FNTR : en avril, un soir...

Edito FNTR : en avril, un soir...

Edito FNTR du 18/04/19

Est-ce vraiment le printemps ? D’aucuns diront que tous les samedis depuis le 17 novembre se veulent un printemps et d’autres que c’était « l’hiver du mécontentement » (Shakespeare « Richard III » acte 1 scène 1).

De fait, après le Grand débat National, on attendait quand même un peu la déclaration du Président de la République le 15 avril. Surtout que la bande-annonce du Premier Ministre la semaine d’avant laissait penser qu’il y allait avoir des mesures fortes, un « après » qui ne serait plus comme « avant ». Notons que cela nous a valu tout le week-end des débats interminables sur les chaines d’informations continues : « Qu’est-ce qu’il va dire ? » « Qu’est-ce qu’il doit dire ? » « Que peut-il dire ? ». Le téléspectateur exaspéré se disant intérieurement avec un certain bon sens : « Ben attendez d’entendre ce qu’il va dire, on en reparlera après... ». L’objet était de mettre fin à la crise des gilets jaunes, de resserrer les rangs, de fixer un cap, de répondre aux attentes. Henri IV avait lancé ce mot « Ralliez-vous à mon panache blanc ! ». Cela fait longtemps qu’un chef de l’Etat (roi ou Président de la République) rêve d’exprimer à point nommé ce genre de phrase emblématique de l’unité nationale.

Le Président n’a pu faire diffuser l’allocution qu’il avait enregistrée. Car nous nous étions déjà tous ralliés à un panache gris. Celui du grand incendie qui ravageait Notre Dame. Jusqu’au cœur de la nuit, nous tremblions de la voir tomber à terre, ainsi que 850 ans de notre Histoire.  Beaucoup de choses ont été dites et écrites. Mais on peut se souvenir qu’à une autre époque - celle où l’Etat n’était pas séparée de l’Eglise - voir brûler une cathédrale lors de la Semaine Sainte aurait constitué un présage néfaste... Mais ça, c’était « avant ». Pour ce qu’on sait du contenu de l’intervention présidentielle, c’est aussi bien qu’elle n’ait pas été diffusée... Le rendez-vous avec l’Histoire aurait été manqué. La seule chose à dire tenait finalement en deux mots. Elle vaut pour Notre-Dame. Elle vaut aussi pour tout le reste. Et elle a été dite : « Nous reconstruirons ». C’est cela qui est attendu par tous : rebâtir.

Florence Berthelot