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Edito FNTR : écotaxe : réinventer l'eau tiède, toujours et encore

EDITO DE LA FNTR DU 06/04/2016

Les exécutifs régionaux seraient bien inspirés de tirer les leçons du fiasco français de feu l’écotaxe.

Il est incroyable de voir combien il est rare que les leçons soient tirées des expériences d'autrui.

La taxe kilométrique belge en est un bon exemple. A croire que les péripéties de sa consoeur française n'avaient pas été intégrées par les pouvoirs publics belges. Depuis le 1er avril, c'est le chaos aux frontières du Royaume de Belgique.

Les autorités belges se sont en effet entêtées à maintenir coûte que coûte la date du 1er avril qui était devenue de l'avis de tous intenable. L'opérateur débordé par l'afflux des demandes n'avait pas été en capacité de livrer en temps et en heure tous les boîtiers (OBU) aux transporteurs. Et comble de malchance certains boîtiers avaient été livrés défectueux.

Une bonne partie des transporteurs était donc dans l'impossibilité d'emprunter les routes belges taxées. Un simple report ou encore une marche à blanc aurait été une mesure de sagesse et aurait sans doute suffi pour éviter ce chaos. Mais les Belges n'avaient rien voulu savoir des déboires de leurs voisins français pourtant grands spécialistes de dispositif d'écotaxe mal ficelé. Une entrée en matière piteuse pour la taxe kilométrique belge.

Côté français, pour les organisations professionnelles de transporteurs, il a fallu ressortir les vieux communiqués franco-français datant de l'écotaxe et de les adapter à la situation belge. Un copier-coller  suffisait.

Ne nous moquons pas de nos voisins belges. Parce que, de ce côté-ci de la frontière, certains exécutifs régionaux, pour ne pas faire mentir les promesses de campagne, réfléchissent à la mise en œuvre d'avatars régionaux de feu l'écotaxe. Sont ressortis pour l'occasion les vieux couplets sur la taxation du seul trafic de transit ou des seuls véhicules étrangers. Il paraît que les portiques sont toujours là et qu'ils pourraient encore servir !

Les organisations professionnelles, elles, vont devoir brandir les vieux argumentaires et répéter ce qu'elles répètent depuis maintenant près de 10 ans. La répétition a paraît-il des vertus pédagogiques...

Un livre serait nécessaire sur l'histoire de l'écotaxe. Beaucoup est à apprendre du fiasco français. Les exécutifs régionaux seraient bien inspirés d'en tirer les leçons. Au risque de réinventer l'eau tiède et les fameux bonnets rouges.