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Edito FNTR : Dis bonjour au monsieur (ou à la dame)

Le 06/07/2018

Edito FNTR : Dis bonjour au monsieur (ou à la dame)

Edito FNTR du 06/07/18

Il n’y a pas un évènement professionnel ces derniers temps dans le transport où on ne parle pas de « l’attractivité des métiers ». Sujet majeur dans une période de tensions fortes sur le recrutement où les entreprises sont à la peine pour trouver du personnel et où, malgré les efforts déployés par tous, le grand jeu est le mercato consistant à débaucher les collaborateurs de son voisin. Sur l’attractivité, chacun y va de son couplet : du point de vue des syndicats, il faudrait augmenter les salaires, du point de vue des entreprises, il faut revaloriser l’image dégradée de notre secteur.

Cependant, on parle moins d’un phénomène réel et concret qui est le manque de reconnaissance de la part des clients et/ou réceptionnaires vis-à-vis notamment des conducteurs routiers. Combien de fois un conducteur, qui normalement n’a pas à décharger son camion, est finalement obligé de le faire parce qu’un petit chef chargé de la réception des marchandises l’a menacé d’attendre des heures que ce soit son tour, au risque de désorganiser totalement son plan de transport ? Combien de fois leur a-t-on refusé de prendre un simple café ou d’utiliser les commodités parce qu’ils ne font pas partie de l’entreprise d’accueil ? Et sur quel ton on leur parle ! Ni « bonjour », ni « merci » mais une suite d’ordres sans courtoisie ou politesse. Voilà ce dont il s’agit : un manque de respect. Et derrière la blessure morale faite à la personne, c’est le révélateur du peu de considération vis-à-vis des entreprises de transport, non seulement incontournables mais également indispensables à la vie économique et sociale d’un pays.

Alors on peut faire des thèses et des discours sur la manière d’attirer des candidats, il faudrait sans aucun doute commencer par faire l’éducation de beaucoup de gens censés accueillir nos personnels chez eux. Car à force de les traiter comme des moujiks, il ne faudra pas s’étonner que non seulement personne ne tienne à intégrer le secteur, mais que ceux qui sont dans la place se découragent. Voilà. Merci et bonne journée.

Florence Berthelot