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Edito FNTR : Deux pour CICE

EDITO DE LA FNTR DU 02/06/2017

Abandonner le CICE aurait pour effet mécanique… d’augmenter l’impôt sur les sociétés.

Lors de la campagne électorale, le monde patronal à la quasi-unanimité a réclamé à grands cris la transformation du CICE en baisse de charges patronales. Les mots n’étaient pas assez durs pour dénoncer la prétendue usine à gaz qu’était ce dispositif. Les candidats ont très majoritairement inscrit cette mesure dans leur programme à commencer par celui qui est devenu depuis le Président de la République.

Quand on dit la quasi-unanimité, on souligne au passage que seules la FNTR et l’Union TLF ont, elles, insisté pour conserver le CICE. Tant dans le Livre Blanc du Comité transport du MEDEF, que dans le Livre Rouge de la FNTR, le maintien du crédit d’impôt était évoqué. En contradiction avec la doctrine des organisations interprofessionnelles. La raison en était simple : un allègement de charges se traduit par une diminution des coûts et donc au final une baisse de prix. Ce qu’on croit gagner d’un côté, on le perd beaucoup plus de l’autre. Elémentaire mon cher Watson… Mais, cette position était isolée.

La semaine dernière, parmi le flot d’actualités continues, l’affaire n’a pas fait grand bruit. Le MEDEF a pris conscience qu’abandonner le CICE allait avoir pour effet mécanique… d’augmenter l’impôt sur les sociétés. Caramba ! Manifestement la réflexion, et les calculs, ont pris du temps. L’allègement de charges annoncé va peut-être s’avérer être un cadeau empoisonné, en alourdissant la charge fiscale des entreprises. Donc arrière toute ! Mais il est trop tard…

Dommage, car dans le quinquennat passé, cette mesure prise tardivement, était probablement une des plus bénéfiques, ou des moins pires, c’est selon. 7% de la masse salariale en crédit d’impôt, c’est loin d’être négligeable. Nombre d’entreprises de transport n’ont pu tenir la tête hors de l’eau durant les deux dernières années, que grâce à cela. Cet épisode traduit au moins une réalité : c’est seulement quand on écoute les entreprises qu’on peut porter les mesures qui leur sont les plus appropriées. Le reste n’est que dogme ou littérature.

Florence Berthelot