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Edito FNTR : Deux mondes, un gouffre

Le 22/09/2017 | Europe

Edito FNTR : Deux mondes, un gouffre

EDITO DE LA FNTR DU 22/09/2017

Le Président de la République faisant lire une lettre à l’attention des transporteurs pour les remercier de leur apport inestimable à l’économie. Deux milles personnes au diner de gala. Le Ministre des Transports recevant un prix de la part de la Fédération... Et surtout le Directeur général Europe d’un grand constructeur allemand de poids lourds présentant le dernier modèle de véhicule en édition limitée pour les 60 ans de cette Fédération, le tout sous l’œil médusé d’une quarantaine de délégations étrangères. C’est sûr, cela ne se passe pas en France, mais en Pologne.

Le 16 septembre, la ZMPD, fédération des transporteurs polonais fêtait son soixantième anniversaire, en grandes pompes. Le même âge que le traité de Rome mais pas le même esprit. Le ministre polonais des transports n’a pas eu de mots assez durs pour dénoncer le protectionnisme des pays ouest-européens qui « trahissent les valeurs de l’Europe » ! Sous les applaudissements nourris de l’assistance (sauf ceux qui se sentaient directement visés). De fait, lorsqu’on apprend que le transport routier polonais représente 10% du PIB, on se doute que les autorités politiques du pays ne vont certainement pas lâcher grand-chose dans les négociations sur le Paquet Mobilité.

Contraste saisissant, trois jours plus tard s’ouvraient les Assises de la Mobilité à Paris, où on était censé parler des transports au quotidien, peut-être un peu de logistique urbaine mais surtout pas du transport routier de marchandises (en quoi est-ce différent ?). Cherchez l’erreur. On se souviendra de nous probablement au moment où il faudra parler du financement des infrastructures. D’ailleurs, les déclarations fusent sur un péage de transit, de la contribution des transporteurs à l’entretien du réseau pour lequel ils ne paieraient pas (?). Ah bon ? Et les 7 milliards acquittés par les poids lourds (péages, TICPE, taxe à l’essieu), où vont-ils ?

La superposition des deux évènements laisse perplexe. Deux mondes, deux approches politiques. Un secteur soutenu à Varsovie, et oublié à Paris. Dans la guerre économique dont il s’agit, manifestement certains ont des armes et d’autres des pantalons garance... (voire pas de pantalon du tout).

Florence Berthelot