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Edito FNTR : des berges pour se faire battre

Des politiques prenant un secteur économique en otage, on n’avait encore jamais vu ça.

EDITO DE LA FNTR DU 28/09/2016

Mécontents de la décision de la Maire de Paris de fermer les voies sur berges, les maires franciliens souhaitent, en rétorsion, interdire les poids lourds de circuler pendant trois jours sur l’ensemble des voies relevant de leur compétence. C’est-à-dire sur l’ensemble de l’Ile-de-France...

Oui, vous avez bien lu. On se demande dans un premier temps quel rapport cette mesure pourrait avoir avec la décision de fermer la voirie riveraine de la Seine. Une première réaction est celle de la perplexité. En quoi faut-il s’en prendre au secteur du transport routier pour contester une mesure pour laquelle il n’est pour rien ? D’autant que les poids lourds n’empruntent pas les voies sur berges...

Aurait-on idée pour protester contre la fiscalité croissante qui pèse sur le transport routier de faire le choix d’actions contre tel ou tel secteur économique nullement responsable : boycotter l’achat de baguettes de pain ou déverser des tonnes de sable devant les hypermarchés ? Et puis à y bien réfléchir, on comprend que les élus franciliens veulent tout simplement « affamer Paris ». Drôle d’hommage à l’envers rendu à une activité qui livre 99% des besoins quotidiens des habitants et des commerces d’une ville. En prohibant la circulation des poids lourds, les élus de la Région parisienne entendent priver la capitale de toutes livraisons. Pas de carburant, des étals de supérette vides, chantiers de construction à l’arrêt etc... Une ville assiégée version XXIème siècle. Les parisiens n’auraient plus le choix que de se faire livrer en barges. En même temps, ce n’est que trois jours... On devrait se réjouir de voir que l’importance du transport routier est reconnue à sa juste valeur, car l’arrêter c’est mettre toute une économie à l’arrêt.

Le problème, c’est que les principales victimes de cette action ne seront pas les Parisiens qui feront leurs stocks, ni les habitants de la périphérie qui en feront autant. Ce seront les entreprises de transport qui seront privée de trois jours d’activité et de chiffres d’affaires, alors que ce n’est vraiment pas le moment. En tous cas, il y a quelque chose d’inédit là-dedans : des politiques impuissants qui, pour se faire entendre, ne trouvent rien de mieux que de pénaliser toute l’économie et leurs administrés en prenant en otage un secteur. Il faut reconnaitre que ça, on ne l’avait jamais vu...