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Edito FNTR : démodés

Edito FNTR : démodés

Edito FNTR du 26/04/18

Lorsqu’il y a une grève SNCF, il y a aussi ce qu’on appelle en journalisme, des « marronniers ». Il s’agit de sujets qui reviennent régulièrement pour occuper l’espace médiatique, surtout quand on n’a rien d’autres à dire : c’est comme les régimes à l’approche de l’été ou la rentrée des classes.

Le marronnier du moment consiste à s’interroger sur la part des marchandises transportées par le train ou par transport combiné reportée sur la route du fait des mouvements sociaux dans le ferroviaire. Certains sous-entendent que les entreprises de transport routier se régalent car cela leur fait un surcroit d’activité. Et quand on répond non, la plus grande incrédulité règne. Le report est infinitésimal. Les raisons sont multiples (impossibilité d’avoir les capacités pour assumer un report intégral, tension sur le personnel disponible etc...) mais il en est une qui est mal connue.

Les entreprises routières n’opposent pas le rail et la route, ou le fleuve et la route. Chaque mode a sa pertinence. On oublie trop souvent que les transporteurs routiers sont les premiers clients du transport combiné. En fait en y regardant bien ce sont les politiques, les médias ou parfois même les représentants des autres modes qui font état de cette opposition. Cela tourne à l’incantation. En réduisant la part modale du routier, on augmenterait la part des autres modes... Cela rappelle la réduction du temps de travail de ceux en poste qui devait donner du travail à ceux qui n’en avaient pas... Cette philosophie était le fondement de la politique de coordination des transports en 1934, où déjà (!) on trouvait que le transport routier prenait trop de place...

Autant dire qu’envisager la politique des transports par le seul report modal forcé est en réalité une approche... démodée. Cessons donc d’opposer les modes entre eux. Il y a de la place pour tout le monde.

Florence Berthelot