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Edito FNTR : Couscous boulettes

EDITO FNTR du 12 juillet 2019

L’humoriste Michel Boujenah a dit que le plus beau mot de la langue française était « Couscous boulettes ». On ne sait pas trop si cet avis est partagé par le Gouvernement sauf à remarquer qu’il fait boulette sur boulette et pédale dans la semoule. D’autres préfèrent le homard. C’est sans doute une affaire de goût. Dans la préparation du budget, chaque ministère y va de sa mesure pour compenser les annonces du Président de la République sur le pouvoir d’achat. Et que je taxe les contrats courts par ici, et que je te rabote la déduction spécifique par-là, et que je te taxe plein pot le GNR, et que je te requalifie les entrepôts logistiques en entrepôts industriels pour faire tripler la taxe foncière etc….

Les entreprises qui subissent ces mesures (parfois toutes en même temps) s’énervent. Au milieu de tout ça, la loi d’orientation des Mobilités est dans sa dernière ligne droite. Au moment où l’Assemblée Nationale et le Sénat doivent se mettre d’accord sur un seul texte commun, des parlementaires renâclent : la loi n’est pas financée. Et si elle n’est pas financée, à quoi sert-elle ? En catastrophe, voilà le Ministère qui apporte sur un plateau une taxe sur les billets d’avion, et l’augmentation de la fiscalité du gazole professionnel. Déjà la Profession n’avait été concertée sur rien mais en plus, alors qu’une réunion était enfin programmée le mardi après-midi, la Ministre annonce les mesures fiscales… le matin ! La réunion elle-même consiste à nous détailler chaque mesure (comment si on ne les avait pas comprises) pour nous laisser entendre que « c’est comme ça et puis c’est tout ». Au passage, on nous parle de compétitivité alors que toutes ces mesures ne concerneront que les entreprises françaises et les handicaperont un peu plus dans le marché européen. D’où l’idée de « travailler ensemble sur une vignette pour les camions en transit ». Mouai… En attendant, les français payent. Pour les étrangers on verra plus tard… Et comme d’habitude, ça se termine par « il faut qu’on se revoit ». Ben voyons ; on n’a qu’à faire une couscous party ? On vous promet : on apportera les merguez.
P.S. Au final, l’Assemblée Nationale et le Sénat ne se sont pas mis d’accord. On a les taxes et pas la loi. Tout ça pour ça. Voyons le bon côté des choses : cela nous laisse le temps d’organiser une belle fête.

Florence Berthelot