Vous êtes ici

Edito FNTR : Cours d’Assises

EDITO DE LA FNTR DU 18/10/2017

Les Assises de la Mobilité mobilisent énormément d’énergie. 7 ateliers se réunissant au moins une fois par semaine sans compter les sous-groupes qui se tiennent à la même fréquence. A la fin novembre, on va presque conjointer la centaine de réunions ! Et ceci ne tient pas compte des réunions en région (8 en région parisienne, une par département) ...

Plusieurs bizarreries sont constatées : les projets d’infrastructures sont traités à part par un groupe de parlementaires. Le dossier ferroviaire est également abordé à côté. Dans ces deux cas, le débat participatif et citoyen n’a pas sa place. Mais la plus grande étrangeté réside dans le fait qu’on ne devait parler que du transport de personnes, et un peu de distribution urbaine. Mais pas du transport routier de marchandises.

Comment se fait-il alors que dans certaines réunions, le sujet principal soit « comment taxer les camions ? ». C’est à se demander si cette multiplicité de réunions ne vise pas à arriver à une conclusion qui serait déjà écrite. A savoir le retour de l’écotaxe. Ah pardon ! Il ne faut plus dire ce mot. On parle de taxe de transit, d’expérimentation régionale, mais on ne prononce pas le mot qui fâche. Et il a de quoi fâcher. En effet, à la présentation des chiffres lors des réunions de travail on s’aperçoit quand même que les justifications d’une nouvelle taxation des poids lourds ne tiennent pas la route. Les camions couvrent 214% de leurs coûts sur autoroute, 122% sur l’ensemble des routes. Il n’y a que sur le réseau national non concédé que ce n’est pas le cas. Mais ce n’est le cas pour personne ! Sur ce réseau, aucun utilisateur ne paie ses coûts. On rappelle aussi que la TICPE rapporte 28 milliards d’euros à l’Etat. 13 milliards sont reversés aux Régions et aux départements pour l’entretien des routes. Sauf que l’argent sert à autre chose.

A qui la faute ? Pas en tous cas au transport routier qui rapporte de l’argent à l’Etat quand d’autres modes lui en coûtent beaucoup. Si on cherche un fautif, il va falloir regarder ailleurs que du côté des camions. Et arrêter de se droguer à la taxe. Mieux utiliser l’argent collecté serait déjà une première bonne idée.

Florence Berthelot