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Edito FNTR : comurr tur sblsalcomuder*

EDITO DE LA FNTR DU 23/02/2017

La scène se passe la semaine dernière, au port de Rotterdam. Un camion d’une entreprise française se présente mais se voit refuser l’accès au terminal. Motif ? Le conducteur ne parle que le français. Et stupeur, on apprend que la langue de Voltaire n’est pas reconnue comme langue internationale ! Les consignes de sécurité du port sont rédigées en néerlandais, allemand, anglais et... polonais. Faute de connaitre une de ces langues, interdit d’accéder au terminal. Au final, la situation n’a pu être débloquée que par l’intervention d’une société... néerlandaise.

Cette histoire est troublante. Les tenants de la francophonie devraient s’y pencher. Apprendre sur le port de Rotterdam que le français n’est plus une langue internationale, alors qu’on estime à 270 millions le nombre de personnes parlant français dans le monde, tous continents confondus, n’est pas réjouissant. Découvrir au passage que le polonais serait devenu une langue internationale est tout aussi étonnant. Sans vouloir offenser les polonais, leur langue n’est pas de celle la plus couramment parlée dans les échanges internationaux. Pas plus que le bordure ou le syldave.

Sauf peut-être dans le transport routier européen justement. Et c’est d’ailleurs la motivation de l’entreprise privée qui gère ce terminal portuaire pour justifier sa nouvelle politique linguistique « Ici, il y a beaucoup plus de Polonais qui viennent que de Français ». On imagine le tollé général en Europe si ce genre de mesure avait été appliquée en France, dans nos ports. On n’aurait pas fini d’en entendre... C’est à travers ce genre de situation insidieuse que l’on mesure la perte de vitesse de notre pays sur la scène internationale. La seule solution immédiate est de faire donner d’urgence des cours de langues étrangères aux rares conducteurs français qui font encore de l’international. Et si l’anglais les rebute, manifestement il reste le polonais...

Florence Berthelot

*« Viens ici, toi, prendre ma place ! ». Phrase syldave tirée du « Sceptre d’Ottokar » d’Hergé