Vous êtes ici

Edito de la FNTR : dumping social : durcissons les sanctions

Le 16/03/2016 | Europe

EDITO DE LA FNTR DU 16/03/2016

Quand la fraude rapporte plus que le respect des règles, il n'y a plus de règles.

L'ouverture du marché européen du transport routier aux pays low cost d'Europe de l'Est en 2009 continue de produire ses effets dévastateurs sur le marché.

La France et son pavillon routier en subissent les principales conséquences. Parce que la France n'est pas qu'un pays de transit, parce que le pavillon routier français n'est pas compétitif pour affronter la concurrence des pavillons étrangers.

Le phénomène est visible à l'œil nu. Qui ne voit pas les parkings d'autoroute de la France entière ou les entrées et les sorties d'usines françaises surchargés de camions immatriculés à l'étranger? Qui ne voit pas, partout sur le territoire national, ces véhicules légers étrangers qui concurrencent non seulement les transporteurs légers français mais aussi les transporteurs lourds sur certains segments de marché?

Phénomène plus récent mais non moins menaçant pour le pavillon français : ces poids lourds étrangers installés à demeure sur le sol français en recherche de fret.
Résultats : des pertes de part de marché pour les entreprises françaises et l'effondrement des prix.

Que faire aujourd'hui?

La France a créé des règles. Mais sont-elles réellement contrôlables? Difficile.

D'abord parce que le nombre de contrôleurs n'augmentera pas dans les années qui viennent. L'Etat français est à court d'argent.

Mais aussi parce qu'un bon nombre de ces règles relèvent plus de l'affichage que d'une recherche de solution pérenne et efficace pour la survie du pavillon routier français.

Ainsi, le repos hebdomadaire hors cabine. Comment le contrôler aujourd'hui?

L'absence de contrôle ou les déficiences du contrôle sur ce point génèrent désormais de la frustration dans le secteur.

Faute de solution  simple et efficace - il faudrait de la volonté, du courage et de l'audace en agissant à Bruxelles- la pression monte dans la profession.

La FNTR réclame depuis longtemps plus de contrôles. Elle exige surtout des sanctions et des peines plus sévères.

Car, c'est là où le bât blesse.

Quand la fraude rapporte plus que le respect des règles, il n'y a plus de règles. Seul l'alourdissement des sanctions et le durcissement des peines -comme l'immobilisation systématique des véhicules- peut avoir un quelconque effet.