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Edito de la FNTR : anti-sceptique

EDITO DE LA FNTR DU 09/03/2016

Anti-sceptique : le transport routier de marchandises est vital pour l’économie européenne

L’Europe se déchire. Sur tous les sujets : migrants, Grèce, Grande-Bretagne, sécurité, espace Schengen. Aux yeux des opinions publiques, l’Union européenne n’est plus porteuse d’un grand projet politique. Pire, elle apparaît comme une machine à broyer. A coups de réunions de la dernière chance, les représentants des gouvernements essaient de « sauver les meubles ». Les mêmes reviennent dans leur capitale, reportant la faute des maux sur Bruxelles. C’est oublier un peu vite que Bruxelles c’est aussi Paris, Madrid, Bucarest ou Berlin. Comme il est alors facile de se plaindre de l’Europe quand on ne travaille pas activement à un avenir européen ! Les eurosceptiques en font leur miel, et progressent partout. Le secteur du transport routier n’échappe pas à ces débats. Les opinions sur le détachement des travailleurs, le transport international ou le cabotage, sont tranchées, parfois opposées et les débats rudes. Mais il y a aussi des points de convergence, comme les exigences de la Profession quant à des solutions plus efficaces pour lutter contre l’intrusion des migrants dans les véhicules, et ne pas systématiser la responsabilité des transporteurs qui ont pris toutes les mesures de sécurisation.

Oui, les débats sont vifs mais tous les représentants des associations européennes de transport sont guidés par la même conviction : ce secteur est vital pour l’économie européenne, le rôle des entreprises de transport doit être mieux reconnu, l’engagement des entrepreneurs doit obtenir son juste retour en termes de prix, de pérennité et de sécurité juridique, où que soient situées les entreprises. Il y a là des valeurs communes, et presque l’ébauche d’un projet commun dans une Profession qui, par nature, ne peut se satisfaire de frontières physiques ou invisibles.

Alors, il faut savoir défendre ses positions, refuser la libéralisation du cabotage, voire obtenir un encadrement plus sévère encore, lutter contre les entreprises boîtes aux lettres, limiter la capacité d’ériger en système le fait de réaliser des transports dans des Etats où on n’est pas établi, mieux aborder les questions sociales liées aux activités des conducteurs. Il en va de la survie de nombreuses entreprises. Et tout ceci pour mieux se donner le temps de bâtir un projet européen plus équilibré. Fonder les conditions d’une concurrence plus régulée au bénéfice tant des entreprises de transport, de leurs personnels et de l’ensemble des citoyens.

L’Europe est malade certes, mais l’Europe des transports où, l’Ouest, l’Est, le Nord et le Sud auront leur place est un projet majeur pour l’avenir qui réclamera beaucoup « d’anti-sceptiques ». Malheureusement, il n’est pas certain qu’on dispose de stocks suffisants…