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Données sur les flux de transport : un trésor dans votre maison

Données sur les flux de transport routier de marchandises : un trésor dans votre maison

EDITO DE LA FNTR DU 11/05/2016

Chacun se souvient de la fable de La Fontaine qui parle du laboureur qui, sentant sa mort prochaine, annonce à ses enfants qu’il faut garder l’héritage. « Un trésor est caché dedans ». Les enfants retournent le champ, ne trouvent rien. Mais à force d’avoir retourné la terre, elle a produit davantage, et ils se trouvèrent plus riches. Ne croyez pas que la morale d’aujourd’hui serait le travail est un trésor. Il est bien trop taxé pour cela ! Mais la réalité de notre temps,  c’est que les entreprises de transport disposent d’un vrai gisement dont, pour la plupart, elles ne s’en doutent pas. Ce ne sont ni les véhicules, ni leurs entrepôts, ni leur savoir-faire, ni leurs ressources humaines (les syndicats ne vont pas être contents). Non, rien de tout cela. Ce gisement est invisible, immatériel : il s’agit des informations sur leurs flux de transport.

Aussi étonnant que cela puisse paraître à certains, quand on travaille pour tel ou tel client, on dispose d’informations stratégiques : ce qui est transporté, pour qui, quand, où, avec quelle régularité, avec quelle quantité de carburant, etc… Et aujourd’hui, ces informations, traitées mathématiquement, agglomérées aux données venant d’autres entreprises de transport, cela s’appelle du data. Big data, open data, nous en entendons tous parler, sans bien saisir que c’est la clé de la fortune des géants qui conquièrent la planète. Ces acteurs économiques, souvent américains, rêvent de disposer d’un maximum de données possibles sur les flux de transport. Pourquoi ? Parce qu’ainsi, ils pourront proposer aux clients de nouveaux services, l’optimisation de leurs transports et viendront compléter leurs propres offres. Il est donc stratégiquement très important, pour un entrepreneur de transport, d’être vigilant sur ses données. Car s’il les communique imprudemment, un jour ou l’autre, il risque de perdre son marché.

D’aucuns considèreront que franchement les transporteurs sont au courant et que cette mise en garde est inutile. Pas si sûr. Il faut être conscient que dès qu’une information passe par Internet, de manière non sécurisée, elle peut être captée et traitée, par tous ceux qui y trouvent intérêt. C’est encore pire quand le transporteur accepte, pour des raisons commerciales, de les livrer volontairement !

L’enjeu capital pour l’ensemble de la Profession du transport routier de marchandises est aujourd’hui, de savoir qui, demain, pourra garantir que ces données-là -ce data- ne soient pas exploitées à l’encontre des intérêts des entrepreneurs du transport. On ne donne pas ses clés à n’importe qui. Et encore moins la clé du trésor.