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Bruxelles accueille des jeunes dirigeants adhérents à la FNTR

Les 25 et 26 avril derniers, une délégation de 9 jeunes dirigeants d’entreprise du transport routier de marchandises s’est rendue dans la capitale européenne.

Les 25 et 26 avril derniers, une délégation de 9 jeunes dirigeants du transport routier de marchandises, adhérents à la FNTR, s’est rendue dans la capitale européenne pour une série de réunions avec les trois grandes institutions : la Commission européenne (organe à l'initiative "technique" des textes communautaires), le Parlement européen et le Conseil (qui rassemble les "politiques" et co-législateurs européens).

Des préoccupations exprimées

Les jeunes professionnels ont ainsi pu présenter aux différents représentants les préoccupations du secteur :

  • le déficit de compétitivité avec notamment la nécessité de garder un encadrement strict de la législation sur le cabotage, mais aussi la nécessité de combler le vide juridique européen sur les véhicules utilitaires légers (VUL)
  • la réduction des émissions de CO2, les carburants alternatifs, l’accès aux villes pour les livraisons
  • la numérisation du secteur, les enjeux avec le chronotachygraphe ou comment faire entrer les documents électroniques dans la législation de tous les Etats membres (e-CMR)

Avec la Commission europééenne

Le semi-marathon belge, organisé par le bureau permanent de la FNTR à Bruxelles, a débuté par un dîner d'accueil en compagnie de Philippe Degraef, Directeur de la FEBETRA (homologue belge de la FNTR). Il s’est poursuivi par un petit-déjeuner avec Eddy Liégeois, Chef d'Unité Transports Terrestres à la Direction Générale (DG) des Transports de la Commission européenne (CE). Celui-ci a expliqué l'objectif de son travail qui consiste à clarifier et simplifier la législation européenne du transport routier de marchandises pour qu'elle soit mieux appliquée et contrôlée, notamment sur les points suivants :

Les sociétés boîtes à lettres

Elles sont ciblées par la Commission Européenne qui, tout en voulant préserver la liberté d'établissement, veut aussi s'attaquer aux sociétés fictives. Dans le viseur également une étude sur la professionnalisation des VUL; cependant l'installation de chrono poserait question.

Le cabotage

Le cabotage est très discuté. L'approche de la Commission Européenne est très prudente et va plutôt dans le sens du maintien du statu quo actuel. Mais les 3 opérations sur 7 jours sont à simplifier. La CE veut aller vers plus de flexibilité avec une période plus courte.

Les questions sociales

Avec une nouvelle proposition de simplification en cours qui prône d'inclure un critère « détachement » dans la législation transport sur l'accès au marché.

L'Eurovignette

L'Eurovignette  devrait aussi évoluer. La DG Transports fait pression pour l'interopérabilité des différents systèmes de charge. D'autres DG pourraient intervenir sur ce texte pour introduire des éléments sur la réduction des émissions de CO2 ou sur l'affectation des revenus de la route.

Avec le Parlement européen

La délégation des jeunes transporteurs FNTR a été reçue par Anne Sander. Eurodéputée du PPE (Parti Populaire Européen - groupe de centre-droit), elle est membre de la commission Emploi et Affaires Sociales. Elle a présenté des informations concernant :

  • la modification de la directive détachement qui va arriver en commission Emploi du Parlement européen
  • l'affrontement Est/Ouest sur les questions sociales qui domine beaucoup les débats
  • les Alliances au Parlement européen sont très différentes de celles en France. Le PPE est souvent allié aux Libéraux ou parfois aux souverainistes et même fréquemment aussi avec les S&D (Socialistes et Démocrates) tandis que sont laissés de côté les extrêmes de gauche ou de droite

Par ailleurs, en plus des questions sociales, Anne Sander suit les thèmes de l'énergie (réduction des émissions de CO2, notamment), et du marché du numérique. Sujets qui sont bien sûr liés au secteur du transport.

Avec le Conseil

Enfin, les jeunes entrepreneurs ont rencontré Raphaël Crinier, Attaché Transport à l'Ambassade de France auprès de l'Union européenne ou RP française (Représentation Permanente de la France). C'est lui qui accompagne le ministre Français des Transports pendant les Conseils des Ministres européens des Transports. Il a évoqué les questions sur :

  • le décret de la loi Macron concernant le salaire minimum français applicable aux conducteurs détachés qui fait actuellement passer la France pour le "grand méchant" européen. Il organise le 9 juin à la  RP française une réunion pour expliquer le texte à ses collègues des 27 autres Etats membres ainsi que pour les parties prenantes intéressées ; la FNTR y participera
  • le cabotage où naturellement la France dit « non » à toute ouverture mais ira néanmoins dans la direction indiquée par Eddy Liégeois à savoir une simplification de l’encadrement
  • les contrôles doivent être renforcés et Raphaël Crinier a insisté sur l’obligation de coopération entre Etat membres
  • la professionnalisation des véhicules utilitaires légers quand ces véhicules sont utilisés pour le transport routier de marchandises à l’international mais il va falloir batailler pour l’imposer et pouvoir avancer des données chiffrées pour bien cibler ce problème

Pour une Europe plus forte

Ces deux jours ont été riches en rencontres et échanges informels avec les décideurs européens. Ils ont permis à la jeune délégation de mieux comprendre ce qui se joue à Bruxelles, les défis à relever pour les 28 États membres et le travail de longue haleine qu’il faut maintenir pour aboutir à toujours plus d’harmonisation au sein du transport routier de marchandises. Et la présence au quotidien de la FNTR à Bruxelles permet de défendre au mieux les intérêts de la Profession auprès de ces institutions européennes.

Petit déjeuner de travail avec Eddy Liégeois, Chef d’unité transports terrestres à la Commission européenne avec des jeunes transporteurs de la FNTR La délégation des jeunes transporteurs adhérents à la FNTR autour de l’Eurodéputée Anne Sander (PPE)