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Augmentation de la fiscalité sur les entreprises du TRM : mauvais calculs

Entre la suppression du GNR, des avantages liés à la DFS, les malus sur les contrats courts, etc., ainsi que la menace d’une nouvelle écotaxe, vignette ou redevance, c’est bien la compétitivité du secteur qui est attaquée de toutes parts dans un environnement international très concurrentiel. 

Si la priorité du gouvernement est l’emploi et le pouvoir d’achat, alors le calcul est très mauvais. Soit les transporteurs seront obligés pour survivre de répercuter les hausses sur le coût de leurs prestations, ce qui viendra alourdir le prix pour le consommateur en bout de chaîne, soit ils ne le font pas ou pas assez et ce sont les entreprises et les 600 000 salariés du secteur qui seront menacés. Quelle que soit la logique, personne n’y gagne. L’État peut-être mais seulement à court terme.

Si la priorité du gouvernement est la transition écologique, là aussi le calcul est mauvais. Il est vrai qu’il semble de bon ton dernièrement de critiquer le transport routier, vecteur de pollution, d’embouteillage et d’insécurité partout en France. En matière environnementale, l’idée n’est pas de nier que le transport routier soit une source de pollution. Toute activité humaine l’est. Ce qui est important de bien comprendre c’est à quel degré il l’est et pour quel service rendu à la collectivité. Et c’est là que cela devient intéressant car les poids lourds ne représentent que 5,7 % des émissions des CO2 équivalent et 1,7 % des particules fines (chiffres CITEPA). Des chiffres à mettre en regard des 88 % de marchandises distribuées par la route. Alors évidemment, ces chiffres ne sont pas nuls et doivent nous inciter à toujours plus de mobilisation collective en faveur de la transition énergétique. Et là encore, les transporteurs sont des acteurs clés et déjà engagés, notamment au travers du Programme EVE. Le problème est qu’en écrasant les entreprises sous une fiscalité toujours plus lourde, on les empêche d’avoir les marges de manœuvre nécessaires à l’investissement dans des véhicules moins polluants. 

Et si l’idée était d’utiliser ces taxes pour accroître la part du ferroviaire (argument très à la mode en ce moment), il faudrait rappeler qu’une taxe n’est qu’un moyen, c’est bien la volonté politique et la planification qui rendent possible l’action. À ce sujet, la FNTR elle-même a interrogé avec les Amis de la Terre la Ministre des transports pour permettre plus de fret via le rail dans les Alpes. Mais ce n’est pas une priorité pour le gouvernement. 

Enfin, si la priorité du gouvernement est la croissance et la bonne santé de l’économie française, ce n’est certainement pas en taxant le secteur qui irrigue l’ensemble de l’activité que l’on créera de la richesse. 

Les arguments sont pourtant simples. Mais ils ne sont pas entendus. Tout du moins, pas encore.