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Abandon de Schengen : quelles conséquences économiques ?

Dans une étude sur l’abandon des accords de Schengen, France Stratégie montre que le transport routier de marchandises serait fortement impacté.Dans une note d’analyse de février dernier, France Stratégie a tenté d’évaluer les coûts pour la France associés à l’abandon des accords de Schengen. Une remise en place permanente des contrôles aux frontières intérieures se traduirait par un coût économique annuel pour la France de 1 à 2 milliards d’euros, à court terme, et de 10 milliards d’euros à plus long terme.

Les plus touchés par cette mesure sont les touristes de court séjour en provenance des pays voisins, les touristes non européens visitant plusieurs pays en Europe, les travailleurs frontaliers et enfin le trafic routier de marchandises.

Le transport routier impacté

Les coûts directs à court terme dus à l’augmentation du temps de passage en douane toucheraient directement les transporteurs. Avec des pertes pour le secteur allant de 120 à 240 millions d’euros selon les temps supplémentaires de passage (estimés entre 30 min à 1h).

Impact sur les flux de marchandises

Le contrôle systématique de l’identité des conducteurs routiers et de leur cargaison, afin de vérifier que celle-ci ne dissimule pas de clandestins, pourrait allonger de quelques minutes à plusieurs heures un trajet international de marchandises, en fonction des moyens humains et matériels déployés à la frontière pour exercer ce contrôle.

L’exemple de la frontière britannique donne une idée des ressources humaines à déployer et des délais supplémentaires que cela implique. D’autant que la France, outre les points d’accès principaux, devrait contrôler plusieurs centaines d’entrées secondaires vers lesquelles se reporteraient les flux cherchant à échapper aux contrôles.

Les conséquences à long terme

À plus long terme, la généralisation des contrôles permanents se traduirait par une perte d’au moins un demi-point de PIB pour la France, soit une dizaine de milliards d’euros. S’y ajouteraient d’éventuels effets sur l’investissement étranger et la mobilité des travailleurs.

Pour les pays de l’espace Schengen, l’impact serait plutôt de l’ordre de 0,8 point de PIB, soit plus de 100 milliards d’euros. D’autres effets sont à envisager — notamment une perte de mobilité pour les travailleurs, une réduction des investissements directs et des flux financiers — mais ils restent difficiles à évaluer.