Accueil > Les grands dossiers > Europe > Europe des Transports > Europe élargie

L'Europe à 27 : opportunités et défis




Le 1er mai 2004, l'Union Européenne a accueilli dix États membres supplémentaires : la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovénie, Malte et Chypre. Au 1er janvier 2007, la Roumanie et la Bulgarie ont, à leur tour, rejoint l'Union européenne, qui compte désormais 27 États membres.


Les nouvelles vagues d'élargissement de 2004 et 2007 représentent  la poursuite d'une série d'élargissements que l'Union Européenne a accomplis par le passé. Cet agrandissement de l’Europe vers l’Est est l’aboutissement d’un processus enclenché de longue date. Avant leur entrée dans l’Union Européenne, tous ces nouveaux Etats membres ont entrepris des efforts remarquables pour transposer l'acquis communautaire dans leurs législations nationales et ainsi compléter la période de la transition de l’économie planifié à l’économie du marché.

L’élargissement de l’Union européenne est avant tout une question politique, ayant également de grandes conséquences économiques et sociales. La construction européenne a connu en mai 2004 une étape importante, mais, au-delà des symboles, ce sont les réalités qui s’imposent. A côté des opportunités qui s’ouvrent aux entreprises et notamment aux entreprises de transport, des craintes et des inquiétudes se manifestent.

L'ouverture des frontières en mai 2004 et la suppression des contrôles douaniers a diminué considérablement le temps d’attente aux frontières, ce qui a augmenté la productivité des entreprises de transport et déclenché de nouveaux échanges. Mais ces nouveaux échanges sont restés et restent toujours au-dessous de leur potentiel. Les entreprises de transport développent leurs réseaux à l'échelle de l'Union élargie. D’ailleurs, nombre d’entre elles ont devancé l’élargissement et se sont installées dans les nouveaux Etats membres bien avant, en suivant le mouvement initié par les entreprises industrielles. Il appartient aux entreprises qui n’ont pas encore étudié les possibilités de développement sur la zone élargissement de se donner les moyens de remettre à plat leur stratégie de développement face aux nouveaux défis de l’Europe.

L'élargissement ne fera pas que des gagnants

Si, globalement, les effets de l’élargissement sont positifs, notamment avec des opportunités en terme de nouveaux marchés, il ne serait pas juste de considérer que l’élargissement ne fera que des gagnants. Dans un contexte particulièrement difficile pour le TRM français, c’est le marché du transport international qui est touché en premier par la concurrence directe avec des transporteurs étrangers. D’ailleurs, l’activité à l’international n’a cessé de baisser depuis plusieurs années. Cette baisse a également des incidences sur le marché national français. Les transporteurs spécialisés à l’international, en voyant leurs parts de marché diminuer, recentrent leurs moyens de production sur le marché national et régional. En conséquence, alors qu’ils ne sont pas en compétition directe avec les opérateurs Est européens, les transporteurs nationaux subissent également les effets de l’arrivée des opérateurs étrangers.

La concentration des moyens de transport sur le territoire national provoque une surcapacité de l’offre de transport, ce qui se traduit par une diminution du nombre d’entreprises (augmentation des défaillances et concentration des entreprises) avec une répercussion sur l’emploi. La concurrence s’avive suite à l’ouverture du marché et la libéralisation du trafic et se répercute sur les prix du transport, en écartant complètement certains transporteurs du marché. Ce processus est partagé et valable tant pour les anciens Etats membres que pour les pays nouvellement adhérents.

Par ailleurs, l'absence d'harmonisation européenne est au cœur de ces problèmes. L’élargissement a accentué les écarts déjà existants à l'intérieur de l'Europe à 15 et rendu les distorsions sociales, fiscales et de coûts salariaux encore plus visibles à l’échelle des 25 et a fortiori des 27, avec l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie.

Le cabotage routier est un phénomène significatif. Pour éviter le risque de voir les prix de transport tirés vers le bas, la plupart des nouveaux Etats membres sont soumis à un régime transitoire pendant lequel ils ont l’interdiction de caboter. Plusieurs pays, notamment la France, ont, eux, mis en place un encadrement du cabotage. La France a également prévu l’application des règles du détachement au conducteur qui cabote.

Haut de page