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Le dossier du « 44 tonnes »


L’harmonisation européenneL’harmonisation européenne des poids et dimensions dans le transport routier de marchandises est loin d’être une réalité : le tableau ci-après illustre bien la diversité des situations, s’agissant des PTAC ou PTRA.


 Pays  Limite de poids autorisé en charge   norme technique 
 Belgique  44t  5 essieux
 Pays-Bas  50t  5 essieux
 Luxembourg  44t  5 essieux
 Royaume- Uni   44t  6 essieux
 Italie  44t  5 essieux
 Danemark  48t  6 essieux
 Suède  60t  6 essieux
 Finlande  48t  6 essieux
 Allemagne  40t  5 essieux
 Autriche  38t (+/- 5%)  5 essieux
 Espagne  40t  5 essieux
 Portugal  40t  5 essieux
 France  40t  5 essieux


Certes, la réglementation européenne (directive 96/53, du 25 juillet 1996) donne les valeurs maximales autorisées, pour permettre la libre circulation des véhicules dans l’espace européen : 40 tonnes en trafic international.


On peut attendre du passage à 44 tonnes un double effetPour l’entreprise française de Transport Routier de Marchandises
Une possibilité de rétablissement, au moins partiellement, de sa position concurrentielle.

L’amélioration relative des gains de productivité attendus, rapportés au prix de revient
à la tonne transportée, selon le type d’activité et d’organisation des entreprises, a été évaluée par le CNR (Comité National Routier) entre 9,1% et 11,6%, compte tenu de l’élévation des coûts d’utilisation à 44 t.

Cette évaluation nette tient compte des 15% de chargement supplémentaires, mais également des coûts d’usage engendrés par le passage au 44t, de l’ordre de 3,7%.

De plus, si les véhicules tracteurs sont techniquement réceptionnés à 44t, comme en témoigne leur carte grise, les matériels tractés n’ont pas, eux, tous cette caractéristique. Cela implique, de la part de l’entreprise de transport, une attention particulière sur leurs modalités d’exploitation.

Enfin, ces calculs restent théoriques, car demeure posée la question du partage de ces gains de productivité entre une meilleure rentabilité et plus de compétitivité.

Pour la société
Une réduction du nombre de véhicules lourds en circulation et donc des pollutions émises.

Il ne s’agit pas de faire «grandir» les camions de 10% mais d’autoriser à les charger mieux.

Le 44 tonnes ne pose de problème spécifique de sécurité routière (freinage,…) sauf à tenir compte de l’effet de masse.

La charge maximale autorisée à l’essieu restant inchangée (13 tonnes), un véhicule chargé à 44 tonnes n’use pas davantage les chaussées, comme l’ont montré les travaux du CETE (Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement) « Méditerranée ».


Un certain nombre d’exceptionsD’ores et déjà, un certain nombre d’exceptions existent dans la réglementation française, au bénéfice :
  • des opérations de transport combiné rail-route (dans un rayon de 100 km du chantier),
  • plus récemment en faveur des pré et post acheminements maritimes (dans une zone de 100 voire 150 km),
  • la partie française de l’Autoroute Ferroviaire Alpine, dans un rayon de 150 km du point d’embarquement ou de débarquement d’Aiton (les italiens roulent, quant à eux à 44 tonnes x 5 essieux)
  • sans compter les réglementations relatives aux transports exceptionnels ou les transports de bois !

On connaît par ailleurs la situation de ce qu’il est convenu d’appeler «le corridor de Ghyvelde» qui relie le tunnel sous la Manche et la frontière belge : la possibilité de rouler à 44 t sur cette portion d’autoroute, à condition que les trafics proviennent du tunnel ou s’y dirigent, témoigne de ce qu’il faut désormais cesser de multiplier les exceptions difficilement contrôlables à une règle dont le champ d’application se restreint progressivement.

 


La position de la FNTRLa FNTR s’est historiquement prononcée dès 1988 et lors de chacun de ses congrès, pour une généralisation par étape, spécialités par spécialités, afin de ne pas déstabiliser le marché par une offre et une capacité brutalement supérieures de cette norme.


La FNTR proposeLa FNTR propose que le code de la route autorise, dans une première étape, la circulation de véhicules à 44 tonnes de PTAC ou de PTRA dans les spécialités suivantes :
  • Les transports de produits en vracs liquides ou solides, par bennes ou par citernes.
  • Les transports des animaux vivants par bétaillère (le poids mort, techniquement nécessaire, est un handicap à la productivité si on veut respecter les densités limites de chargement).
  • Les transports de conteneurs (au-delà des limites de 100 à 150 km pour le combiné maritime).

La FNTR et le SNFSF (Syndicat National des Fabricants de Sucre de France) ont demandé très officiellement aux Ministres de l’Agriculture et des Transports qu’une expérimentation puisse être conduite pour autoriser la réalisation de la campagne betteravière 2006 à 44 tonnes dans les régions Haute-Normandie, Picardie, Champagne – Ardennes et Nord – Pas-de-Calais.Cette démarche a abouti et les préfets concernés ont été invités à publier des arrêtés de portée locale autorisant le 44t, dans des conditions précises.